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DEMBA TINE, doctorant chercheur en Gouvernance du littoral, expert en gestion intégrée et développement durable.

L’apport de la cartographie participative dans la cogestion des pêcheries artisanales au Sénégal : cas des CLPA du département Mbour.

 École Doctorale Eaux, Qualité et Usages de l’eau. EDEQUE/ UCAD Dakar SENEGAL ;

Laboratoire Geomatique et Gestion de l’espace UMP/OUJDA MAROC

dembatine@gmail.com & tinedem@hotmail.fr

Sous la codirection du Professeur Isabelle Niang FST/UCAD Dakar Sénégal

Et du Professeur Abdelkader SBAI FLSH/ UMP Oujda Maroc

DEMBA TINE

 

RÉSUME

Suite à un constat général de la situation désastreuse des pêcheries mondiales, la convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) a été adoptée en 1982. Les États côtiers exercent leur souveraineté sur la zone économique exclusive (ZEE) et ils sont tenus de prendre en charge les besoins économiques des collectivités côtières vivantes de la pêche. De cette convention vient s’ajouter le code de conduite pour une pêche responsable de la FAO de 1995 qui, dans ces dispositions générales, demande aux États membres de prendre en considération les communautés traditionnelles dans l’aménagement des pêcheries. Pour être en phase avec les institutions internationales, le Sénégal a adopté une approche participative impliquant tous les acteurs pour une gestion durable des ressources halieutiques. L’État a alors mis en place une stratégie visant à se départir de l’approche descendante de gestion appelée « top Down » au profil d’une approche ascendante privilégiant la concertation à la base appelée « bottom- up » à travers de nouvelles structures appelées conseils locaux de pêche artisanale (CLPA). L’introduction de la cartographie participative dans cette cogestion rend plus efficaces des politiques participatives mises en place pour un développement durable des pêcheries dans le département de Mbour.

Mots clés : pêcheries, cogestion, convention, cartographie participative, Mbour, Sénégal

  ABSTRACT

 Following a general statement of the disastrous situation of world fisheries, the UN Convention on the Law of the Sea (UNCLOS) was adopted in 1982. The coastal states have sovereignty over the Exclusive Economic Zone (EEZ) and are required to support the economic needs of coastal living fishing communities. This agreement is in addition the Code of Conduct for Responsible Fisheries of the 1995 FAO, which in these general provisions requires Member States to take account of traditional communities in fisheries management. To be in line with international institutions, Senegal has adopted a participatory approach involving all stakeholders for sustainable management of fisheries resources. The state then set up a strategy to dispose of down management approach called « top-down » profile of a bottom-up approach favoring dialogue at the base called « bottom-up » through new structures called local artisanal fishing council (CLPA). The introduction of participatory mapping in this co-management makes it more efficient participatory policies in place for sustainable development of fisheries in the department of Mbour.

Keywords: fisheries co-management agreement, participatory mapping, Mbour, Senegal

Introduction

Le Sénégal est confronté à une préoccupante problématique de la gestion durable de ses ressources marines et côtières. C’est dans ce contexte que des axes stratégiques de réforme du secteur dans le cadre d’une politique sectorielle visant prioritairement la gestion durable et la restauration des ressources halieutiques, par une approche centrée sur les acteurs professionnels ont été élaborés et ont développé des approches en matière de cogestion locale des pêcheries à travers de nouvelles structures appelées conseils locaux de pêche artisanale (CLPA).

Le département de Mbour regroupe les deux plus grands centres de pêches artisanales du Sénégal. Mbour-Joal possède plus de 25% des unités de pêche du Sénégal et assure 40% des débarquements totaux des poissons au Sénégal (DIAKHATE; 2005). Cependant, la seule ville de Mbour fournit 30% de la production régionale et 40% de la production nationale. Tous les types de pêche y sont de plus en plus représentés.

Pour un développement durable de la pêche dans le département de Mbour, les CLPA de la zone doivent en partenariat avec des structures d’appui à la cogestion introduire la cartographie participative pour délimiter les zones de pêche, mais aussi la géographie des espèces cibles à savoir les thiofs, les cambiums, les sardinelles et les poulpes pour une cogestion plus efficace.

  1. Présentation des CLPA département de Mbour

Le département de Mbour regroupe quatre CLPA dont deux CLPA terroirs : le CLPA de Sindia Nord et le CLPA du Sindia Sud. Le CLPA terroir regroupe plusieurs villages intervenant dans la même zone géographique et fréquentant les mêmes zones de pêche. Les CLPA métiers sont : le CLPA de la commune de Mbour et le CLPA de la commune de Joal-Fadiouth. Le CLPA métier couvre une seule localité et constitué de différents groupements professionnels appelés collège.

Figure 1 : carte de localisation des CLPA du département de Mbour

  1. La Cogestion

Plusieurs définitions venant d’auteurs différents ont été notées sur le concept de cogestion parmi : La cogestion est un partage des prises de décision et des responsabilités pour la gestion des ressources, entre les communautés de pêches et la gestion centralisée du Gouvernement (Promeroy et Berkes 1997).

Cependant la cogestion peut être définie comme un système qui autorise un partage du pouvoir de prise de décisions, des responsabilités et des risques entre le Gouvernement et les parties prenantes, ceci incluant de façon non exclusive les utilisateurs de la ressource, les intérêts environnementaux, les experts et les producteurs de la richesse… Essentiellement, une forme de partage du pouvoir par les étapes à travers des différents accords légaux ou administratifs impliquant souvent un forum de discussions et un processus de négociation.

  1. Étude de cas des CLPA

Le CLPA est une organisation apolitique à but non lucratif regroupant les acteurs de la pêche artisanale d’une localité déterminée. C’est un organe de gouvernance locale des pêches. Le CLPA a pour objectif principal de fédérer tous les acteurs autour de la gestion durable des ressources halieutiques. Schématisation l’organigramme fonctionnement du CLPA au niveau local figure1 pour une meilleure connaissance de cet organe de cogestion.

 Figure 2 : Organigramme de fonctionnement du CLPA au niveau local

  1. localisation des zones de pêche et cartographie participative des CLPA du département de Mbour.

4.1. Description du processus:

Cette activité a consisté à localiser par GPS l’ensemble des zones de pêche et les espèces ciblées (la sardinelle, le poulpe, le cymbium, le thiof) en collaboration avec les acteurs à la base en l’occurrence les relais et les représentants des différents collèges des pêcheurs. L’exercice de cartographie participative s’est fait à travers des focus groups où sont représentées les différentes personnes ressources du CLPA. Au cours des entretiens, les pêcheurs ont procédé aussi à la représentation et à la délimitation des zones de pêche sur un fond de carte de la zone. Des sorties en mer ont été effectuées en compagnie des pêcheurs pour géolocaliser les zones de pêche.

4.1.1. CLPA de Mbour et de Sindia

D’après les pêcheurs, la zone de pêche de la sardinelle du CLPA de Mbour est comprise sur une bande allant 1 et 50km au large. En ce qui concerne la zone de Sindia, l’identification des zones de pêche a été facile grâce à l’examen de la carte des rochers réalisée par les acteurs à la base dans le cadre de la délimitation de l’aire marine communautaire. Les prises des espèces démersales telles que le thiof, le cymbium et le poulpe sont effectuées à partir de 12 km jusqu’à plus de 50 km.

 

 Edité par : Hlal MED. &Tine .D.

Figure 3 : carte de localisation des zones de peche des clpa de sindia et de mbour

4.1.2 CLPA de Joal- Fadiouth

Le CLPA de Joal est caractérisé par la présence d’une aire marine protégée, où l’activité de pêche est autorisée que sur partie et à une période bien précise. Pour les pêcheurs interrogés, la zone de pêche de la sardinelle débute juste après la limite de l’AMP de Joal à plus de 70 km au large. La zone s’étend  de kellou Ngazobil jusqu’à la pointe de Sarène. Selon les pêcheurs  les prises des  espèces comme le poulpe et le thiof  sont faites à partir de 25 km de la côte  jusqu’à 100 km au large.  Quant au  stock de cymbium, il se situe entre 16 et 25 km. Une douzaine zones de pêche a été répertorié et localisé au GPS.

 Edité par : Hlal. Med. & Tine. D.

Figure 4 : carte de localisation des zones de pêche du CLPA de Joal

Conclusion

La cogestion bien qu’elle a des limites du fait de son organigramme de fonctionnement reste très efficace pour la gestion durable des pêcheries au Sénégal. A l’aide de la cartographie participative, nous avons une meilleure connaissance de la situation géographique des pêcheries. Cette méthode fait la synergie entre connaissances scientifiques et empiriques des habits marins et de la nature de conservation des différentes espèces. Le système d’information mis en place sera un outil moderne de gestion, de suivi et de planification des activités dans le cadre de la cogestion durable des pêcheries dans le département de Mbour.

  

BIBLIOGRAPHIE

CSE& USAID 2012 : Dynamique de l’occupation des soles, cartographie des CLPA, des zones de pêche et mise en place d’un système d’information géographique ; Rapport d’exécution, 58pages.

DIAKHATE .M. (2005) : Pêche et environnement ; Perception de la surexploitation halieutique et stratégie de gestion par les pêcheurs artisans de Mbour et de Joal (Sénégal) ; DEA  géographie, FLSH, UCAD, 58 pages.

Pomeroy R.S, Berkes F. 1997. Two to tango: the role of government in fisheries co-management, marine policy, 21:465-480.

Tine (D) 2012: Gestion durable des ressources marines et côtières dans l’espace Mbour-Saly : cas de pêcheries, mémoire de master2 GIDEL, dpt. De géographie, FLSH, UCAD, 112 pages.

 

 

 

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