Mais où est la géographie ?

 

La géographie

L’espace et le temps ?! Voilà sur quoi réfléchit l’espèce humaine. Les chemins diffèrent, les époques se font, les recherchent avancent et parfois un raisonnement émerge. Qu’est-ce que l’espace et le temps ? Les adeptes de Douglas Adams répondront 42, les philosophes s’opposeront, les mathématiciens découvriront la relativité générale. Et le géographe ?

Le géographe s’adapte ! Il fait des cartes quand c’est la guerre, il recense quand c’est nécessaire, il découvre quand on pense qu’il n’y a plus rien à découvrir… Mais pas seulement…
Le géographe, c’est une personne ressource, celle qui relance les sciences sociales quand ces dernières ont un point de côté, celle qui donne une boussole pour repérer et se repérer. La géographie est un couteau suisse, elle développe les idées comme l’outil prolonge la main. Mais concrètement ?

La géographie réfléchit, définit, les problématiques temporelles, spatiales et environnementales actuelles. Elle est à la fois devant et derrière l’œil. Elle s’interroge sur l’espace, le territoire, le lieu, les frontières, etc. Elle possède souvent une longueur d’avance lui permettant d’avoir un avis pertinent. La géographie sert à nuancer l’espace et le territoire. Elle en observe dix quand la plupart n’en voient qu’un !

Alors pourquoi ne l’entendons nous pas ?

La géographie a trop peu la parole. Science du lien par excellence, elle laisse souvent sa place aux sciences de références, utiles, mais parfois à bout de souffle, usées par le temps et la modernité. La géographie, elle, a su s’adapter et même anticiper ! Son champ d’application est infini, de la géomorphologie à la démographie.

Mais, dans une période où la spécialisation est devenue un gage de compétence, la géographie effraie. La compartimentation des savoirs, des domaines d’activité a écarté la géographie des débats publics. A ce jour, chaque tâche est compartimentée, imperméable au recul donc à la pertinence. Le travail à la chaîne a transcendé le cadre des usines pour s’installer et cloisonner à sa façon les différents secteurs d’activité. Chacun son savoir, ses compétences, son travail, son espace, son territoire, ses frontières… Moi, géographe, je ne serais bon qu’à connaitre la sous-préfecture des Vosges à l’instar du juriste qui connaitrait par cœur son code civil. Les choses sont bien plus complexes, ne vous en déplaise !

Les ravages de la spécialisation sont visibles sur toute la planète ! Les spécialistes de la santé ont donné des moustiquaires aux habitants Vezo de Madagascar, ces derniers s’en sont servis de filer de pêche pour racler les fonds coralliens. Les spécialistes de l’environnement ont évacué les populations autochtones des espaces protégés, l’écosystème s’est effondré. La liste est encore longue ! Les spécialistes ont vaincu ? Surement pas !

Aussi, la géographie n’est en aucun cas la solution miracle à nos lacunes méthodologiques. Elle commet des erreurs, fait parfois fausse route et n’est pas toujours à la hauteur de ses propres interrogations. Elle possède cependant ce que beaucoup n’ont plus : une pensée complexe (complexus : tisser ensemble) ! Les modes de pensée traditionnels compartimentent les disciplines. La géographie lutte contre l’isolement des objets de connaissance et appréhende le réel en entrecroisant les savoirs. C’est la science du lien ! Les grands génies de ce monde en sont l’exemple parfait : Léonard de Vinci était à la fois artiste, scientifique, ingénieur, inventeur…

Nous sommes tous géographes !

Pierre Benjamin GIRARD, géographe consultant, www.geogir.fr

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